Fleuriste écoresponsable

picto de rose

Fleurs et ecoresponsabilité? Vaste programme…

Quand j’ai choisi ce métier, je me suis posé beaucoup de questions.

Peut-on aimer passionnément les fleurs et la nature, et en même temps accepter l’empreinte carbone et sociale que représente la production de fleurs et tous ses produits annexes?

Je fais partie de ceux qui pensent que chaque geste compte, aussi petit soit-il. 

Atelier Aimer a adopté depuis toujours une démarche éco-responsable, et ce par plusieurs aspects.

 

Pas de stock = pas de perte

Le choix de m’installer en atelier plutôt qu’en boutique a été en grande partie dû au fait que je ne peux pas concevoir d’acheter des fleurs en sachant pertinemment qu’une grande partie finira à la poubelle! 

C’est pourtant le fonctionnement classique en boutique, car pour qu’une boutique fasse envie et donne envie de rentrer, elle doit être fournie en fleurs et avoir du stock en permanence, ce qui implique un fort taux de perte. J’en parlais il y a peu à une amie fleuriste qui a travaillé dans plusieurs grandes boutiques parisiennes: elle m’a avoué qu’il était très fréquent qu’ils jettent des bottes de fleurs qui n’avaient même pas été déballées depuis leur achat chez le fournisseur…

En atelier, mon fonctionnement est très différent puisque je fonctionne en flux tendus. Je n’achète que ce dont j’ai besoin, et s’il me reste des fleurs, je les recycle : je fais sécher, je donne ou en dernier recours je composte.

 

Démarche zéro déchet

Ma démarche zéro déchet ne concerne pas uniquement les fleurs, mais également les techniques que j’utilise pour les travailler.

Les formations de fleuristes classiques encouragent peu les futurs fleuristes à s’interroger sur ces questions, et nous apprennent notamment à travailler massivement dans la mousse florale.

Qu’est-ce que la mousse florale?

Vous avez certainement déjà reçu un jour une composition florale travaillée dans la mousse. Vous savez, ce cube vert spongieux? 

C’est certain qu’il présente de nombreux avantages pour les fleuristes: c’est un matériau peu cher, qui est capable d’absorber une très grosse quantité d’eau et donc d’assurer une hydratation prolongée pour les fleurs tout en étant un support simple à travailler, il suffit de piquer les fleurs dedans. 

Les fleuristes l’utilisent aussi bien pour des compositions à offrir, des pièces de deuil ou bien des compositions pour les mariages.

La mousse florale n’est autre qu’un produit issu de la pétrochimie, un dérivé de plastique, absolument pas biodégradable. Elle a tendance à s’émietter, et les fragments, certains visibles à l’oeil nu, d’autres trop petits pour être vus, se retrouvent dans les eaux. Il n’y a, à ma connaissance, pas eu d’études scientifiques démontrant l’impact écologique de la mousse florale sur les écosystèmes marins. Mais il est certain que cela ne fait qu’ajouter au problème majeur de pollution plastique dans nos océans.

Et pourtant, il est possible de composer autrement. Travailler sans mousse florale n’est pas plus cher ni plus compliqué, cela demande seulement de penser ses créations dans ce sens dans le départ.

Je n’utilise que des structures qui peuvent être réutilisées. À vrai dire, je trouve même que c’est une des parties les plus fun du métier: j’adore réfléchir aux mécanismes et aux techniques à utiliser, aux moyens d’intégrer et de camoufler des contenants réutilisables au sein de mes structures!

Je suis fière de pouvoir dire que j’ai réalisé toutes mes créations, petites ou grandes, sans utiliser un seul bloc de mousse.

Pour aller plus loin: si le sujet vous intéresse, je vous invite chaudement à suivre @nofloralfoam sur Instagram, qui montre et promeut le travail de nombreux fleuristes de par le monde qui ont fait le choix de travailler sans mousse et fournit des informations techniques, conseils, tutoriels… 

 

Limiter mes déchets

Outre le choix de travailler sans mousse, il y a aussi de nombreux petits gestes au quotidien qui me permettent de limiter mes déchets au strict minimum. 

– tri sélectif: déchets verts, cartons, emballages plastiques… même en gros rush de préparation mariage, je prends soin de trier mes déchets. Je composte ou dépose aux déchets verts tous mes déchets végétaux.

– emballages: je n’utilise que du papier kraft naturel, jamais de cellophane

Etc…

 

Choix des fleurs

Là aussi vaste sujet…

Je travaille les végétaux de saison, et j’essaye d’intégrer un maximum de fleurs françaises dans mes compositions. Ce n’est malheureusement pas simple car l’offre actuelle à Nantes ne me le permet pas toujours… La majorité des fleurs à ma disposition viennent de Hollande, d’Equateur, du Kenya… 

Alors je jongle avec ce que je trouve et j’improvise! Je mixe fleurs achetées et végétaux glanés localement, j’intègre aussi beaucoup d’éléments secs dans mes créations, c’est un bon moyen de « contourner » les saisons. En moyenne, été comme hiver, j’utilise au minimum 60% de végétaux locaux.

Je suis d’ailleurs honorée de faire partie de la sélection de fleuristes du Collectif de la Fleur Française, qui soutient la culture de fleurs françaises locales et de saison. L’association s’inspire du ‘Slow Flower movement’, révolution née aux Etats-Unis au milieu des années 2000 et qui essaime depuis dans le monde entier.  Son nom rend hommage au célèbre mouvement Slow Food qui milite pour une agriculture responsable.

J’espère avoir bientôt plus de choix à ma disposition pour élargir ma palette de fleurs produites localement. Mon petit doigt me dit que c’est en bonne voie, de jolis projets prennent forme doucement… suite au prochain épisode 😉

Crédits: une partie des informations de cet article viennent de @nofloralfoam et du Collectif de la Fleur Française